Avril 2011

Chers Amis,

Comme toujours, j’espère que cette lettre vous trouvera en pleine forme. Je me sens fort, reconnaissant, et plein d’optimisme, en dépit du fait que je viens de passer le 19e anniversaire de ma condamnation à mort. Cela n’est pas une fête, bien entendu, et pourtant je ne peux m’empêcher de réfléchir à la performance de survie que cela implique, l’endurance, et la persévérance… Comment fait-on pour vivre ainsi, condamné à mort, lorsque l’on est innocent, pendant tout ce temps?

Il y a dix neuf années, je me tenais ainsi complètement pétrifié devant le juge, qui m’avait condamné à mort. J’ai pensé et repensé à ce moment où j’ai senti mon cœur se broyer, j’ai bien pesé le pour et le contre, j’ai vu la laideur, et j’ai aussi connu la joie, la peine et la souffrance pendant 19 années. Si je devais dire, que cette épreuve a en fait été une bénédiction déguisée, bien d’entre vous penseraient que j’ai perdu la tête. Vivre dans le couloir de la mort n’est pas une partie de plaisir, et mon unité en particulier est dirigée par des gardes épouvantables; elle est pleine de stupidité, de folie, qui rendrait n’importe qui complètement fou. Pourtant, tout au long de ce parcours, ma foi a grandi. Je me suis découvert une force mentale que je ne pensais pas avoir. Je me suis également trouvé des talents que je ne pensais pas avoir. J’ai pu apprendre des choses qui semblaient trop dures en me concentrant davantage. J’ai appris mes plus grandes leçons dans la vie – j’ai appris à mieux comprendre les gens, en étant tout seul dans une cellule minuscule. Et je me suis fait beaucoup d’amis à travers ma correspondance avec l’extérieur. J’en ai même rencontré certains physiquement, qui étaient des gens intelligents, talentueux, et qui avaient bon cœur. Je n’aurais jamais pu imaginer cela. Ces gens merveilleux sont des femmes, des hommes, des enfants qui ont su voir au delà de la couleur de ma peau, et de mes imperfections, et ont su m’apprécier pour mon caractère et mes bons côtés.

Je pourrais probablement me plaindre de mes dix neuf années d’enfer. Mais mes plaintes seraient bien pâles en comparaison à toute les bénédictions, toute la grâce, et tout l’amour de Dieu que j’ai pu recevoir au travers des êtres humains bons et compatissants, dont j’ignorais l’existence. Je n’aurais peut être pas su devenir l’homme rationnel que je suis aujourd’hui, sans l’appui de cette expérience – car elle m’a ouvert une porte vers un monde dont je ne savais plus qu’il existait.

Un ami m’a un jour demandé: Qu’est-ce qui t’a donc changé – est-ce le couloir de la mort? J’ai répondu: Non, c’est plutôt la compassion que tant de gens m’ont montrée, et qui a remis mon cœur sur le droit chemin.

Cela fait ainsi dix neuf années que je me bats avec la même zèle pour obtenir justice, grâce au soutien de personnes au bon cœur qui se soucient de mon sort. Je veux donc vous dire merci à tous. Continuons donc ce combat ENSEMBLE!

Avec beaucoup de respect et d’amour,

Anthony Mungin

Mars 2011

Chers amis,

J’ai bien pensé à vous tous le jour de la St Valentin. A l’heure où vous lirez ma lettre, sans doute ce jour là fera déjà partie de vos souvenirs lointains, mais j’espère que vos apprécierez la fait que j’ai pensé à vous ce jour là, de la meme façon que j apprécie chacun d’entre vous.

J’aimerais saisir l’opportunité de cette lettre pour simplement vous rappeler notre but commun, et pourquoi le sentiment d’unité est essentiel pour accomplir ce but. Pour tous ceux qui me soutiennent, notre but est de développer la notoriété de cette “injustice” qui m’a conduit dans le couloir de la mort, ici, en Floride. L’objectif est également de récolter des donations qui me permettront de financer ma défense légale, et qui comprend le travail d’investigation, les frais d’appel, les témoignages d’expert, et toutes autres actions égales qui me permettront d’obtenir un nouveau procès, de manière à ce que je puisse prouver mon innocence, ou au moins empêcher l’Etat de Floride de m’assassiner, pour un crime que je n’ai pas commis! Nous ne sommes pas ici au cœur d’un mauvais film. ni d’une fiction : Anthony Mungin est une personne en vrai. Je suis un être humain comme tous ceux qui lisent cette lettre. Et je vis avec la menace d’être exécuté tous les jours. Cette menace aussi est également bien réelle. Il en va de même pour notre lutte pour la justice. Je rêve d’être un jour libéré. La liberté! Libre un jour de pouvoir mener une vie à nouveau!

Si nous voulons parvenir à ce but, nous ne devons pas oublier que l’unité est nécessaire, car personne, à lui ou elle seule ne peut accomplir ce but. Même mon avocat ne pourrait y parvenir seul! Chacun a un but, tous ont un rôle
Ne mésestimez pas s’il vous plait vos contributions. Ma grand mère, comparait les petites actions à des graines: Vous pouvez avoir une petite graine dans votre main, et la planter afin qu’elle devienne un grand arbre qui vous donnera de l’ombre et du confort au moment ou vous en aurez besoin.

J’ai encore plus d’une chance de pouvoir crier victoire, et j’aimerais penser que vous resterez tous unis derrière moi.

Tous ceux qui me soutiennent n’ont pas nécessairement les mêmes croyances religieuses, ni la même personnalité, ou encore la même attitude; cela pour moi est une bonne chose car chacun peut ainsi apporter des idées différentes afin d’accomplir notre but.

Je vous le demande: s’il vous plait, restez tous unis et concentrés sur notre but: C’est de cette manière que nous sommes parvenus à faire des progrès.
La date pour les débats oraux de mon procès n’a pas encore été fixée. Nous pensons qu’elle sera fixée avant l’été. Ces débats engendreront des frais d’environ $5000.

Je vous en prie: restez forts, et prenez bien soin de vous.

Avec beaucoup de respect et d’amour,
Anthony Mungin

Janvier 2011

Chers amis,

J’espère que cette année nous apportera un vrai succès dans notre combat pour la justice. Je souhaite remercier tous ceux qui m’ont envoyé des cartes et des lettres et tous ceux qui m’ont envoyé des petits mots d’encouragement. Je suis sensible à vote compassion, à vos prières, à vos pensées et à votre soutien, Vous êtes ma bénédiction.

Je n’ai toujours pas de nouvelles de la Cour Suprême de Floride. Nous attendons toujours une date d’audience pour l’argumentation orale. Je suis confiant et essaie de rester fort. Toutefois, mes amis, j’ai une triste nouvelle à vous annoncer: Je viens d apprendre que l’un de mes plus chers amis vient de mourir, tout juste après la nouvelle année. Il s’appelait Adolpho Collabella. Il avait 69 ans et il était de nationalité italienne.
Je suis dévasté par la nouvelle de ce départ soudain. Adolfo et moi étions amis depuis 1999. Nous avions une correspondance enrichissante, et notre amitié était réelle. Nous avions en commun ceci: chacun à notre manière, nous étions le sujet de circonstances malheureuses: Je suis condamné à mort pour un crime que je n’ai pas commis; Adolfo, lui était paralytique. Il passait ainsi sa vie prisonnier d’une chaise roulante, dans un piètre hospice en Italie. En dépit de sa mauvaise santé, et en dépit du fait que ses proches ne semblaient aucunement concernés par sa condition, Adolfo avait bon cœur, était gentil, positif… il pouvait même être très drôle.

Comme il ne parlait pas bien anglais, son ami Giafranco traduisait nos lettres. Je suis ainsi devenu l’ami de Gianfranco également, ainsi que celui de sa femme Marie, et de leurs deux enfants adorables Simone et Chiara. Adolfo et moi étions devenus comme deux membres de leur famille. Ils visitaient souvent Adolfo, qui était très fier que nous soyons tous amis.

Adolfo apportait une vraie différence dans ma vie. Il était la voix même de la sagesse, de la compassion et de l’espoir. Je le garderai toujours dans mon cœur et dans mon souvenir. C’était un merveilleux exemple de foi, de force, de persévérance, et d’amour. Il ne se plaignait jamais de rien. Bien d’entre vous ont remarqué que je ne me plaignais jamais de ma condition carcérale et du couloir de la mort. Eh bien, l’exemple d’Adolfo est l une des raisons qui expliquent pourquoi je ne me plains pas.

Je veux vous demander à tous une immense faveur. Pourriez-vous s’il vous plait envoyer tous un email à Gianfranco, en anglais ou en italien si possible, pour lui envoyer vos condoléances. Dites lui bien que vous etes mes amis, et que vous me soutenez dans mon combat pour la justice.

Adolfo est entré a l’hôpital le jour de Noël. Gianfranco a réussi a lui faire parvenir une carte de Noel avec des photos de sa famille, c’est à dire de nous tous (il n’était pas autorisé lui-même à lui rendre visite). Tel que je le comprends, ces images ont été les dernières qu’Adolfo a pu regarder avant de mourir. Donc, juste au cas où vous vous poseriez la question: OUI, J’AI CETTE AFFAIRE EXTREMEMENT A COEUR!

S’il vous plait, écrivez à Gianfranco: gianfranco.notari@libero.it

Adolfo mérite bien cet honneur. Il le mérite vraiment!

Je vous remercie tous par avance. Restez tous forts, confiants, et gardez votre bon cœur!

Avec beaucoup de respect et d’amour,

Anthony Mungin.

Décembre 2010

Chers amis de l’Itinérant,

Je vous souhaite à tous de formidables vacances.

J’aimerais partager aujourd’hui avec vous un incident qui m’est arrivé, il y a de cela deux jours environ: Un garde qui me raccompagnait dans ma cellule m’a demandé avec un mauvais sourire: “Alors, comment va la vie, Mungin?”.
Je lui ai souri, je l’ai regardé droit dans les yeux, et je lui ai répondu que je me sentais béni.

Tout à coup, son visage a pris une expression de curiosité, et avant qu’il ne m’adresse un quelconque sarcasme, je lui énoncé toutes les bénédictions dont j’étais l’objet. Je lui ai dit: “Je me réveille chaque matin en accueillant chaque nouvelle journée comme une bénédiction. Les media, après mon arrestation il y a vingt ans ont pris le parti de la Partie Civile et ont dressé un portrait de moi comme si j’étais un démon; ma famille et mes amis se sont distanciés de moi, me laissant me débrouiller entièrement seuls. Pourtant, je me tiens, ici, devant vous, en bénéficiant du soutien de gens au bon cœur, qui viennent de France et de partout au monde. C’est une bénédiction. Et lorsque je peux m’asseoir et écrire une lettre a un adolescent qui menace de se suicider, et que je parviens à le persuader de plutôt poursuivre son éducation au collège, c’est également une bénédiction, monsieur. D’être ici, dans le couloir de la mort pour une chose que je n’ai pas faite, ne correspond pas au rêve que j’avais. Néanmoins, j’ai choisi d’adopter l’attitude de prendre le meilleur de la vie, de faire ce que je prêche, et de suivre ce que je crois être juste, dans mon cœur. De ce point de vue là, j’ai une bonne vie, Monsieur”.

Il m’a regardé et m’a dit:”Mungin, j’aimerais bien que mon fils aie ton attitude”.

Je lui ai alors répondu: “Dans ce cas, tentez de ne pas trop porter de jugement sur lui et sur les autres; montrez-lui l’exemple, car il prête attention à vous, même lorsque vous pensez qu’il ne le fait pas. Juste quelques réflexions pour nourrir vos pensées, Monsieur”.

Alors, il m’a serré la main et il a dit:” Ton attitude te mènera loin. Bonne chance pour ton appel, Mungin”.

Je souhaite partager cette histoire avec vous, car je ne suis pas sûr que vous sachiez à quel point votre amitié et votre soutien ont un effet positif sur moi. Cela me fait tant de bien de savoir que je ne suis pas seul dans ce combat. Vous représentez ma force et mon espoir.
Ce que nous faisons affecte les autres, et souvent d’une façon que nous ne pouvons anticiper. Je vous remercie tous pour votre soutien et votre amitié.

Avec beaucoup de respect et d’amour,

Anthony Mungin

Novembre 2010

Chers Amis,

J’espère que cette missive vous trouvera en bonne forme et plein d’optimisme, en dépit de confrontations politiques qui peuvent rendre perplexes. En tous les cas, je reste, quant à moi, fort, et plein de confiance. Comme toujours, je voudrais exprimer ma gratitude pour tout votre soutien.

Pour être tout à fait honnête, cette lettre ne m’est pas aussi facile que les autres à écrire, car étant donne toutes les tensions qui existent dans votre pays au niveau social, je ne voudrais pas donner l’impression d’être quelqu’un tourné essentiellement vers lui-même, insensible à ce qui se passe dans le reste du monde. Bien que je ne sois pas un citoyen français, j’ai tout de même des amis en France, que j’aime et dont je me soucie. Je peux sentir quand ils sont joyeux, ou lorsqu’ils ont des ennuis. Je peux aussi sentir lorsqu’ils ont de la peine, ou lorsqu’ils ressentent du désespoir. Ce qui les affecte, en définitive, m’affecte moi aussi. Je me soucie d’eux lorsque je lis les nouvelles dans le journal, de la même manière qu’ils se soucient de moi lorsqu’ils lisent un article sur la peine de mort dans la presse. Mais lorsque la violence apparait, je me soucie de leur bien être et de leur sécurité, et je me mets à prier que les problèmes soient règlés de manière rapide et pacifique.

En ce qui concerne mon dossier juridique, la Partie Civile a finalement déposé sa réponse à l’appel que nous avions soumis. Mon avocat qualifie leur réponse de non seulement faible, mais aussi de ridicule. Je l’ai lue moi même et je suis d’accord sur le fait que la partie civile n’a présenté aucune explication logiques ou factuelle contrecarrant les nouvelles preuves de mon innocence. Ils se contentent de répéter les mêmes arguments déjà évoqués précédemment. Nous avons à présent donné notre argumentation finale. La Cour Suprême de Justice doit à présent décider d’une date pour les débats oraux, qui se tiendront sans doute au début de 2011. Mon avocat et moi-même sommes plutôt confiants dans ces procédures d’appel. Tout ce temps pour ces procédures est bien entendu frustrant ; toutefois, je ne peux que vous demander humblement, mes amis et supporters, de rester aussi patients, forts, et confiants que je le suis. S’il vous plaît, continuez de rester à mes côtés, car j’ai besoin de votre soutien. Je ne serais pas arrivé si loin aujourd’hui sans vous et je dois vous en remercier!

Prenez bien soin de vous et de ceux autour de vous.

Avec beaucoup de respect et d’amour,
Anthony Mungin

Septembre 2010

Cher lecteurs et amis,

Bonjour! J’espère que cette lettre vous trouvera en bonne santé et en bonne forme. Selon la météo, la vague de chaleur qui vient de passer sur la Floride, est se termine. Je l’espère bien! Rester pour moi dans cette cellule humide et sans ventilation équivaut à laisser un être humain rôtir dans un four à micro ondes géant. Cela ne fait pas de bien à l’esprit ni à la pensée. C’est pour cette raison que les prisonniers sont plus souvent de mauvaise humeur en été que durant le reste de l’année. On ne peut pas échapper à la chaleur. Aussi, j’essaie de rester plus réservé pendant l’été, pour ne pas devenir victime des prisonniers qui ont des éclats de mauvaise humeur. L’ambiance ici ressemble à une grenade dégoupillée: il suffit de l’effleurer pour provoquer une explosion.

Heureusement, grâce à l’Itinérant et à quelques amis et supporters, j’ai eu un heureux moment, qui m’a écarté des accès de dépression que la chaleur étouffante provoque en général. L’Itinérant et la Présidente de Save Anthony. Emmanuelle Purdon, ainsi que quelques autres, avaient secrètement organisé une surprise pour mon 44e anniversaire, le 22 juillet 2010. Tout le monde a réussi plutôt bien a garder le secret jusqu’à ce que je reçoive un virement de $300 sur mon compte de prison. Cela m’a tout à fait pris par surprise. Mes yeux se sont mis à briller et j’ai eu un sourire qui est allé d’une oreille à l’autre. J’ai pensé que c’était vraiment incroyable. Emmanuelle m’a expliqué dans une lettre séparée, que ce chèque était un don de mes amis, de mes supporters de l’Itinérant. J’ai aussi reçu plusieurs belles cartes d’anniversaire, pleines d’attention (et parfois d’humour). Mes amis et mes supporters m’ont motivé dans mon combat pour la justice. Ils m’ont encouragé. Et ils ont embrassé mon espoir, comme jamais ils ne l’avaient fait auparavant. Pour être honnête avec vous tous, j’en avais vraiment besoin. En fait, la chaleur de l’été, et la durée de mon épreuve commençaient à avoir de l’effet sur moi, et entamer mon zèle. Je crois que Dieu a su que j’avais besoin d’un signe d’espoir pour que je puisse me débarrasser de l’apathie qui m’affectait. Les actions de mes amis et de mes supporters m’ont convaincu que le meilleur signe d’espoir est l’amour. Cet amour s’est manifesté à travers votre cadeau, ou ces cartes , ou encore ces lettres pour me souhaiter un joyeux anniversaire. Je suis le témoin que Dieu utilise des gens ordinaires pour accomplir des choses miraculeuses. De tout mon cœur, et de toute mon âme, je souhaite vraiment vous remercier de m’avoir rendu mon 44e anniversaire si heureux. Cela a été simplement le meilleur anniversaire que j’ai jamais eu depuis mon incarcération.
Je veux aussi remercier tout spécialement ceux de mes amis qui ont organisé cet évènement pour moi, ainsi que mon ami Thierry, qui est venu de France pour me rendre visite une semaine après mon anniversaire. J’ai apprécié chacune des minutes de cette visite avec toi, Thierry ; tu as bon cœur, mon ami.

Pour ceux qui se le demandent: Oui, je me suis offert beaucoup de bonbons le jour de mon anniversaire, et j’ai apprécié chaque bouchée! Merci ! Merci pour l’amour, l’amitié, et merci pour votre soutien. J’ai pu réellement grâce à vous supporter la vague de chaleur beaucoup mieux.

En ce qui concerne mon appel auprès de la Cour Suprême de Floride, nous attendons la réponse de la Partie Civile à présent. Elle devrait le soumettre ce mois-ci, à moins qu’elle ne demande un délai supplémentaire. J’en saurai plus d’ici début septembre.

Pour l’heure, je vous en prie, continuez de parler de l’association Save Anthony. Je vous remercie pour vos prières, vos pensées, vos actions, votre soutien, votre amitié, et l’amour qui me donne chaque jour davantage de force. Gardez toute votre force, et veuillez croire, comme je le crois moi même, que nous gagnerons ce combat pour la justice.

Avec tout mon respect et tout mon amour,

Anthony Mungin,

Juillet 2010

Chers amis, supporters et lecteurs de l’Itinérant.

Bonjour! J’espère que tout le monde commence à apprécier le début de l’été. Je ne connais pas la température en France, mais je peux vous dire qu’il fait incroyablement chaud en Floride, surtout à l’intérieur de ces murs de béton et d’acier. Nous ne bénéficions pas d’air conditionné pour nous aider à supporter la chaleur. Les petits aérateurs en plastique qui sont vendus à la cantine de la prison soufflent de l’air chaud, tandis que je vous écris. Le personnel médical nos a conseillé de boire beaucoup d’eau pour éviter la déshydratation, mais je transpire tellement qu’elle ne reste pas dans mon corps. Il y a quelques années, nous avons engagé des poursuites (contre l’Etat de Floride – ndlr) concernant la souffrance que nous endurons durant l’été, lorsque les températures atteignent 38 degrés Celsius dans les cellules. Le juge a décrété que des températures atteignant 38 degrés dans les cellules ne constituent pas un châtiment cruel et inhabituel. L’été, pourtant, nous vivons l’enfer dans le couloir de la mort. En dépit de cette chaleur accablante, je suis déterminé à continuer mon combat pour la justice. Encore une fois, je remercie chacun de m’aider tellement, et de vous soucier de mon sort. J’en ai particulièrement besoin en été.

Plusieurs supporters me posent des questions logiques, à savoir combien d’argent nous avons et à quoi cet argent sert exactement. Les réponses varieront en fonction du résultat des procédures d’appel auprès de la Cour. En ce moment, l’association Save Anthony possède 10 500 euros sur son compte (environ $13000 – ndlr). J’ai un appel en cours devant la Cour Suprême de Floride, traitant de la découverte de nouvelles preuves. La Cour peut décider trois choses différentes:
– Elle peut décider de renvoyer le dossier devant la cour d’état et les amener à organiser une nouvelle audience. Si cela se passe, je devrais payer la somme de $6500 à mon avocat et à mon investigateur pour qu’ils me représentent à cette audience.
– La deuxième possibilité, serait que la Cour Suprême de Floride conclue qu’elle n’a pas besoin d’audience supplémentaire pour prendre sa décision, et qu’elle décide de m’accorder directement un nouveau procès. Si cela se passe, je peux obtenir un bon avocat, expérimenté et compétent, pour la somme de $75 000. Dans ce cas là, je discuterais avec l’avocat de ses honoraires et arrangerait un paiement mensuel. J’ai négocié des arrangements similaires avec mon avocat actuel pour les procédures d’appel. Je n’aurais pas besoin de payer les $75000 à l’avance. Ceux qui me connaissent bien savent que je sais bien mener les négociations. Une amie qui me connait depuis 2001, m’a dit un jour: ”Anthony, tu pourrais vendre du sable dans le désert” (sourire). Donc, je vous demande humblement de tous bien vouloir croire en mes capacités de mener des négociations avec les avocats américains. Je ne me vante pas. Je ne suis pas arrogant. Je me repose simplement sur vingt ans d’expérience avec les avocats américains. Je les ai analysé et étudié autant que j’ai analysé et étudié les lois.
– La troisième possibilité, c’est que la Cour Suprême de Floride rejette directement ma demande de nouveau procès. Si cela arrive, mon avocat présentera alors mes nouvelles preuves avec la procédure déjà en attente auprès de la Cour Fédérale. Je devrais alors payer des frais d’avocats pour compléter le dossier en cours (Procédure d’Habeas Corpus). Et si la cour Fédérale rejette ma demande de nouveau procès, je devrais alors payer encore $5000 pour faire appel auprès de la Cour du 11e circuit d’appel. Si on me refuse encore un nouveau procès ce stade la, je devrai alors faire appel auprès de la Cour Suprême des Etats-Unis.

En ce moment, mon objectif est de lever autant d’argent que je peux pour approcher la somme de $75000 pour un nouveau procès. Je devrai sans doute payer 20 000 à 25 000 dollars pour retenir l’avocat, et négocier ensuite des paiements mensuels. Ouï, je sais que cela représente beaucoup d’argent, mais je crois fermement en ces mots sages : « L’argent malhonnête se dilapide rapidement, mais celui qui accumule l’argent peu a peu, le fait augmenter « (proverbe 13 :11). Je crois que si nous restons unis et que nous continuons à croire en notre combat, nous pouvons parvenir à ce but progressivement. C’est pour cette raison que je vous demande toujours respectueusement de bien vouloir parler à d’autres de ce combat pour la justice, et de l’association Save Anthony. Je possède une grande détermination, mais je ne suis pas en position de parvenir à tout par moi-même. La seule voix que j’ai dans le monde libre est la VOTRE ! Mon combat commence et termine avec vous. Donc, pour vous parler franchement, sans vous, je ne peux pas y parvenir. Je vous demande ainsi, dans un esprit tout à fait humble, de bien vouloir continuer à m’aider dans mon combat pour la justice.
Je vous remercie. Que Dieu soit avec vous !
Avec beaucoup de respect et beaucoup d’amour,

Anthony Mungin
288322 Union Correctional Institution P5228S
7819 NW 228th street
32026-4450 Raiford Florida, USA

Juin 2010

Cher l’Itinérant, amis et supporters,

Salutations! J’espère que vous allez tous bien et vous remercie tous pour votre soutien qui m’aide à vivre au quotidien. Je suis tellement reconnaissant à l’Itinérant de me donner l’opportunité de faire entendre ma voix.

Le 17 mai 2010, mon avocat, Todd Scher, a déposé mon appel à la Cour Suprême de Floride. Cet appel s’appuie sur la découverte des nouvelles preuves de mon innocence. Je viens d’en recevoir une copie. Jai été impressionné par la compétence de mon avocat, qui a soumis un appel que je trouve fort et persuasif. J’en ai été pleinement satisfait.

La partie civile a maintenant 90 jours pour répondre à nos arguments, et ce sera la dernière étape avant que la Cour Suprême rende son jugement. Elle devra pour cela prendre connaissance des arguments des deux parties. Elle devra décider s’ils ont besoin de tenir une session pour une argumentation orale, afin de les aider à prendre leur décision. Si tel est le cas, une nouvelle date sera alors fixée.

Pendant ce temps là, et alors que je continue d’analyser tous les arguments que nous avons présentés, dans l’objectif de les renforcer davantage, je réalise la longueur du chemin parcouru depuis que j’ai commencé ce combat pour la justice. Chaque petite bataille gagnée m’a amené un peu plus de soutien. Beaucoup de mes amis et de mes supporters expriment souvent de l’admiration pour mon esprit de combat, et ma persévérance. Ces compliments sont gratifiants, mais la source réelle de ma force et de mon optimisme, ce sont mes supporters et mes amis eux-mêmes, ainsi que ma foi. Je les regarde dans les yeux, et j’aime voir qu’ils ont la même conviction intérieure que la mienne, voir qu’eux aussi aimeraient corriger l’injustice, surtout lorsque la vie d’un homme innocent est en jeu.

Depuis ces vingt dernières années d’incarcération, je suis venu à la conclusion qu’il existe deux sortes de gens dans le monde : Ceux qui attendent que les choses se passent, et ceux qui font un effort pour influencer le cours des choses. Sans aucun doute, j’ai eu la bénédiction de rencontrer ceux qui utilisent leurs voix, ou leurs contributions, petites ou grandes, pour tenter de faire en sorte que les choses tournent pour moi de manière positive. Et je vous en remercie tous, vraiment, du fond du cœur !

Je comprends tout à fait que ce genre de but n’est pas facile à atteindre. Je préfère me taire plutôt que de me plaindre. La longueur de ce combat pour la justice met une pression brutale sur mon cœur, mon âme et mon esprit. Mais je me souviens des paroles bibliques dans les proverbes du chapître 24, verset 10 : « si vous trébuchez dans les périodes mouvementées, vous réaliserez à quel point votre force est petite. » Si j’avais trébuché sous la pression, il y a quelques années, provoquée par l’incompétence d’un avocat commis d’office, je ne serais pas là aujourd’hui à vous écrire, car je serais déjà mort : J’aurais été assassiné par l’état de Floride. Peu de gens réalisent l’importance du stress, l’agonie mentale que j’ai endurée dans la série de batailles légales que j’ai menées. J’ai dû me battre contre l’incompétence des avocats, jusqu’à ce que je parvienne, grâce à l’aide que l’on m’a donnée, a en trouver un privé, qui soit compétent.

En travaillant ensemble, comme une seule unité, a apporté la clé du succès. Mes amis et supporters, par leur contribution diligente, et leurs efforts, ont permis d’amasser les fonds nécessaires au financement de mon avocat. Et j’ai moi même assumé ma part, en étudiant le droit, en apprenant à faire les procédures d’appel, et déposer toutes les motions pour renvoyer les avocats incompétents. A trois reprises, j’ai du mener les mêmes procédures pour me débarrasser de ceux là. Ce n’est pas que je sois un client difficile – vraiment, je n’en suis pas un – mais l’inertie de ces avocats me montrait à quel point ils étaient prêts à déposer des appels sans substance, leur simple but étant de recevoir leur paie de ‘état.

J’ai de la chance dans le sens où j’ai un bon avocat, et je n’ai pas encore épuisé toutes mes procédures d’appel. Malheureusement, bien des prisonniers dans le couloir de la mort en Floride, n’ont plus d’appels à déposer. Leurs avocats les ont mal défendus, tentant de leur faire traverser les procédures au plus vite. C’est une vraie disgrâce. Je parle avec passion de ces choses, de manière à ce que vous puissiez bien comprendre à quel point je suis reconnaissant de votre soutien.

La lecture de ma dernière procédure d’appel m’a laissé un gout doux amer à la bouche. D’une côté, je suis heureux, pour mes supporters autant que pour moi-même, d’être parvenu à avoir un appel aussi persuasif, quant à mon innocence, devant la Cour Suprême de Floride. Cependant, je ne peux m’empêcher de ressentir de la compassion pour tant d’autres ici, que j’ai été amenés à connaître, et à qui il ne reste plus aucun appel, du fait de leurs mauvais avocats.

J’aimerais vraiment sincèrement pouvoir être libre, afin de joindre tout ceux qui tentent d’arrêter cette effroyable machine de mise à mort.

J’espère que vous prendrez bien soin de vous et des autres jusqu’à ma prochaine lettre. Je vous remercie pour vos prières, vos pensées, et votre soutien. Croyez-moi, vous avez tous une place dans mon cœur. S’il vous plait, continuez de parler de l’association autour de vous. Soyez tous bénis !

Beaucoup d’amour et beaucoup de respect,
Votre ami

Anthony Mungin

Mai 2010

Chers tous,

Récemment, Anthony vous a parle de son histoire. Il vous a raconté sa vie jusqu’à son arrestation et sa condamnation à mort en 1993. Nous vous avons expliqué également brièvement le dossier judicaire d’Anthony. Ce que nous ne vous avons pas encore raconté, c’est le chemin de croix qu’Anthony a du suivre pour tenter de faire valoir sa cause auprès des cours de justice ces 17 dernières années.

Tout d’abord, il y eut le problème de trouver un avocat compétent. Cela prit plus de 7 ans, durant lesquels, les cours nommèrent des avocats commis d’office qui ne montrèrent aucun intérêt pour son dossier, et vinrent rarement le visiter en prison. Après le jugement de 1993, Anthony eut un avocat qui s’appelait Steve Been. Il n’avait jamais traité de dossier de peine capitale auparavant, et l’appel d’Anthony fut rejeté.
Anthony eut ensuite Mark Olive, un excellent avocat commis d’office. Toutefois, Mark Olive n’accepta pas de signer avec la cour un contrat dont il estimait qu’il était beaucoup trop limitatif pour défendre son client. Ce dossier a dailleurs fait l’objet de poursuites séparées contre l’état de Floride.
Mark Olive a donc été retiré du dossier, et c’est ensuite l’avocat Wayne Anderson qui fut commis d’office en 1999. Malheureusement, il ne se présenta qu’une seule fois devant Anthony, qui dut se résoudre à le faire dessaisir du dossier.
Puis, ce fut le tour de Dale G. Westling, qui ne montra pas plus d’intérêt dans le dossier d’Anthony, que l’avocat précédent. Il fut donc retiré également du dossier en 2001.

Finalement, au bout de 8 ans, Anthony abandonna l’idée de se faire défendre par un avocat commis d’office, et décida de prendre les choses en main lui même. Durant les huit ans qui avaient suivi sa condamnation, il avait lu son dossier jour et nuit, et avait appris le droit tout seul. Fort de cette expérience, il négocia avec un avocat privé un contrat, avec l’idée de faire lui-même une grande partie du travail nécessaire.

Cette première expérience s’est soldée par un échec, l’avocat privé semblant en définitive plus intéressé par l’argent que pouvait lui proposer Anthony, que par le dossier lui-même.

Depuis 2005, Anthony est représenté par un nouvel avocat, et une nouvelle investigatrice privée, qui a travaillé sur plus de 650 dossiers. Todd Scher est l’un des meilleurs avocats de Floride, selon Anthony, qui en est très content. Cette nouvelle équipe, entre autres choses, a réussi à découvrir le nouveau témoin de cette affaire, qui avait été écarté par la partie civile. Ce sont eux qui ont aussi permis d’établir que le rapport de police sur la base duquel avait été fait le procès, était erroné.

Cette année, la Journée Internationale contre la Peine de Mort aura lieu le 10 octobre et portera sur les affaires de peine capitale aux Etats Unis. Nous espérons pouvoir promouvoir l’histoire d’Anthony à cette occasion, car L’histoire d’Anthony est celle de beaucoup de prisonniers dans les couloirs de la mort aux USA et elle mérite d’être mise en valeur : En Floride, Anthony fait partie des 4 ou 5 prisonniers qui ont les compétences mentales pour travailler sur leur dossier. Bien d’autres ne peuvent ou ne veulent pas le faire, car les lois sont extrêmement complexes et ils n’ont pas les moyens de financer un avocat compétent et sérieux.

Le dossier d’Anthony doit devenir emblématique de cette majorité silencieuse, qui meurt chaque jour, non parce qu’ils étaient coupables, mais parce qu’ils ont simplement été mal défendus.
Si vous avez l’opportunité de parler d’Anthony autour de vous, par exemple dans un cercle de prière, ou à l’occasion d’une conférence, ou simplement d’un diner, s’il vous plait, faites le… Nous sommes en train de réunir les fonds pour la suite de la procédure, qui se chiffrera en plusieurs milliers de dollars, pour couvrir les frais d’avocats et d’investigation, auxquels nous nous préparons donc plusieurs mois à l’avance. Nous avons besoin de vous!

Au nom de l’Association Save Anthony, et surtout au nom d’Anthony lui-même, je vous remercie pour votre attention.

Amicalement,

Emmanuelle Purdon
Présidente.

Avril 2010

Chers amis

Une fois de plus, laisse-moi exprimer mon appréciation de pouvoir vous soumettre ces lettres. Pour ceux qui ne sont pas encore au courant, mon nom est Anthony Mungin et j’ai été condamné à tort d’un meurtre qui s’est passé en 1993, et j’ai été condamné à mort. Je suis actuellement dans le couloir de la mort en Floride, et tente de prouver mon innocence depuis 18 ans.
Des années ont ainsi passé, dans le cours desquelles j’ai perdu ceux que j’aimais, et notamment le seul fils que j’avais. Bien des amis ont croisé mon chemin, certains ne sont plus à mes côtés, d’autres sont restés de solides alliés. Un cancer a emporté ma première amie en Europe, et elle me manque aussi. Je ne l’oublierai jamais. J’ai subi de durs traitements dans le couloir de la mort. Et au niveau légal, mes trois premiers appels ont été rejetés. Cela fait un poids assez lourd à supporter pour une seule personne. Beaucoup demanderaient  » Comment ai-je pu résister? Comment fais-je pour continuer à me battre? »

A ces questions je vous répondrai : Mon innocence. Le pouvoir derrière la vérité est celui qui me fait tenir debout, et le courage s’ensuit automatiquement. La connaissance de ce qui se passe dans le système judiciaire américain concernant les dossiers de peine capitale me donne la confiance de dire haut et fort que « CELA NE VA PAS !», et je parle ici de la peine de mort en général ! J’aimerais croire que si ceux demeurant en faveur de la peine capitale étaient au courant du manque d’éthique des tactiques et des manœuvres illégales, menées par des Procureurs tout puissants, ils ne soutiendraient plus la peine de mort. Je dis que « j’aimerais » croire cela, toutefois, je ne le crois pas. Il y a eu bien trop d’innocents qui ont été libérés, pour que le public ne soit pas au courant de ce qui se passe. Toutefois, cela ne détruit pas mon espoir.

Pour moi, avoir de l’espoir ne veut pas dire simplement « espérer » que les choses changent pour le mieux. L’espoir ne peut se concrétiser seulement par la force de la foi : celle que le bien triomphe toujours sur le mal, et que la justice l’emporte sur le reste. Lorsque des êtres humains sont envoyés dans les couloirs de la mort, à la suite de mensonges, et des tromperies de faux témoins, VOILA, ce qui me semble à moi diabolique. Comme j’ai de l’espoir, j’ai pris connaissance des lois, j’ai étudié la loi attentivement, et étudié tous les documents attenant à mon dossier. Cela m’a permis de découvrir de nouvelles preuves, dont mon avocat dit qu’ elles m’innocentent : Elles sont actuellement présentées à la Cour Suprême de Floride. Je ne serais jamais parvenu à cela sans espoir et je crois que j’ai une bonne chance de gagner ce combat pour la justice. La majorité des explications qui ont conduit les cours à rejeter mon appel, ne sont à présent plus valables, du fait de l’émergence de ces preuves. Je ne vais donc pas abandonner maintenant, car j’ai toujours des raisons d’espérer. Pour moi, le manque d’espoir va à l’ encontre de la volonté de se battre contre ces choses dont, dans notre cœur, nous savons qu’elles sont injustes. Je refuse donc d’abandonner tout espoir et je prie pour que mes amis et mes supporters le refusent également.

Si j’abandonnais à présent, je n’aurais plus d’espoir sur rien : de voir la peine de mort abolie un jour, l’espoir que l’on pourra guérir un jour du cancer ou du sida, et l’espoir d’un monde meilleur de manière générale. Que nous reste-t-il si nous n’avons plus d’espoir ? Fondamentalement, je crois qu’il y a toujours une raison d’espérer. Cela fait 18 longues années que je suis dans le couloir de la mort. Bien des personnes que j’ai côtoyées et qui sont devenues parfois des amis, ont été exécutées. Quelques uns se sont suicides. Beaucoup ont pu perdre la raison. Pourtant, je suis toujours là, et je vous parle d’une manière ouverte, compréhensible et respectueuse, pour la simple raison que je n’ai jamais perdu espoir. Je suis toujours surpris de voir à quel point l’espoir de mes amis, nourrit le mien également, me rendent plus fort, et soutiennent mon désir de mettre a jour la vérité.

Je vous demande donc de continuer à espérer pour moi. Continuez d’espérer que la vérité triomphera. Que cela vous inspire ! Ce n’est pas un secret : J’ai besoin de votre aide. Qu’elle se concrétise sous la forme d’une prière, d’un acte généreux, ou d’une simple bonne volonté.

Restez forts s’il vous plait et prenez bien soin vous, du mieux que vous le pourrez.

Que Dieu soit avec vous !

Avec beaucoup d’amour et de respect,

Anthony Mungin

Mars 2010

Chers amis, supporters et lecteurs,

Salutations! Je voudrais vous remercier de tout votre soutien dont l’Association Save Anthony et moi même vous sommes véritablement reconnaissants. J’apprécie le geste de certains qui m’ont envoyé des cartes ou des lettres pour m’encourager à rester fort. Cela me montre que je ne suis pas seul. Certaines des cartes que je reçois sont écrites en français, ce qui n’est pas autorisé par la prison. Les nouvelles règles stipulent que je ne peux recevoir du courrier qu’en anglais. Comme par ailleurs je ne parle pas français, je les envoie à la Présidente de l’association qui me les traduit, mais je suis content de voir que des personnes positives et pleines de bonnes intentions pensent à moi. Cela compte beaucoup pour moi.
Pour ceux qui ne le sauraient pas, sachez que mon prochain appel sera soumis à la Cour Suprême de Floride le 6 avril prochain Il présentera de nouvelles preuves de mon innocence dans l’affaire de meurtre pour lequel j’ai été condamné à mort. Dans le cour des prochaines semaines, mon avocat et moi même allons nous préparer pour cet appel important. Ma priorité ce mois-ci sera donc accordée à raffiner la légitimité de nos arguments. Je pourrais alors vous donner mon opinion sur ce qui a été présenté.

Je voudrais vous parler aujourd’hui des circonstances principales qui ont affecté le cours de ma vie. Dans une lettre précédente, je vous ai parlé de mon éducation qui avait été humble et respectable. Bien que j’aie déjà admis avoir commis des erreurs dans ma vie que je regrette totalement, la curiosité poussera sans doute certains à se demander comment j’ai pu sortir du droit chemin. La plupart des réponses à cette question feraient l’objet d’une longue histoire et sont détaillées dans un livre que j’écris. Néanmoins, je réalise que ne pas parler de mes erreurs passées laisserait un vide dans mon histoire.

Avant mon adolescence, je n’avais jamais été exposé à la violence domestique. Lorsque j’ai atteint l’âge de 11 ans, des membres de ma famille, qui s’étaient récemment mariés (mon oncle et sa femme), ont emménagé avec moi chez mes grands parents. Cela a très vite dégénéré et l’atmosphère paisible dans laquelle je vivais a changé. Je suis devenu le témoin de scènes d’abus physiques extrêmement violents et de scènes de sang. J’entendais des mots durs, destructifs et deshumanisants. Comme personne ne pourrait vraiment l’imaginer. Lorsqu’un enfant innocent et sensible est exposé à tant de haine, cela affecte de manière négative son état psychologique. Avoir été le témoin de tant de violence, jour après jour, et avoir vécu constamment avec la peur au ventre m’a conduit, lorsque j’ai eu 12 ans, à faire une tentative de suicide. J’ai ainsi passé plusieurs semaines à l’hôpital avant de rentrer chez moi. Comme mes grands parents étaient des personnes âgées, ils étaient intimidés et avaient peur eux memes de mon oncle, ce qui les conduisait à ne rien faire pour l’arrêter.

Lorsque j’ai réalisé que son comportement n’allait jamais changer, j’ai commencé à participer à des activités organisées à l’église, à l’école, et à d’autres activités qui me permettaient de rester le plus souvent possible en dehors de la maison. C’était une stratégie qui avait ses avantages et ses inconvénients. D’un côté, cela a permis de conduire certaines personnes à penser que j’avais divers talents. Je m’épanouissais en effet dans chacune des activités que je menais, et cela m’a permis de devenir populaire dans ma communauté. Par contre, j’étais très vulnérable. J’étais extrêmement naïf, et il était facile de m’influencer, et de me tromper.
Je cherchais constamment à m’affirmer pour obtenir la reconnaissance de ceux autour de moi, et cela m’a conduit à m’entourer de personnes qui se sont avérées être un mauvais choix. J’ai commencer à boire de l’alcool et à fumer du hashish pour prouver à ceux qui faisaient de même que j’étais cool et capable de faire la même chose qu’eux. La frontière entre le bien et le mal est devenue pour moi assez confuse…

Ma plus grande passion à l’époque était celui du lycée, la lutte, un sport dans lequel j’excellais. Dans l’année d’études supérieures, j’étais devenu le capitaine de notre équipe, et les sondages me donnaient numéro 1 dans ma catégorie de poids pour l’état de Géorgie. Mais le fait de me droguer et de boire de l’alcool ont affecté ma concentration à l’école. Cela s’est ressenti sur mes notes, qui sont tombées au-dessous de la moyenne de la classe. Cela m’a conduit à être disqualifié du tournoi dans lequel se jouait le championnat de l’état de Géorgie. Certains se seraient sans doute remis de ce coup-là, et sans doute aurais-je du moi aussi surmonter cela. Toutefois, je n’en n’ai pas été capable, et je me suis mis à boire et à me droguer davantage, afin d’oublier la peine que j’éprouvais d’avoir raté cette opportunité. En fait, j’ai peu à peu abandonné l’école et mon rêve de d’obtenir une bourse pour continuer mes études et devenir un champion de lutte.
C’est la plus grande erreur de jugement que j’ai pu commettre, et qui a changé l’orientation de ma vie. Après cet évènement, je n’ai plus contemplé de buts sérieux pour l’avenir. Je me suis mis à vivre au jour le jour. J’ai fait des petits boulots et j’ai fini par m’installer à Jacksonville, en Floride, avec l’intention de recommencer l’école et de trouver un meilleur travail. Je me suis assez bien débrouillé, jusqu’à ce que certains amis m’introduisent aux deals des rues. A l’époque, je n’avais pas l’intention de m’engager dans une quelconque activité criminelle. Je ne connaissais pas du tout ce genre de style de vie. Mais depuis, j’ai réalisé combien ceux qui poursuivaient ce type d’activités ont su abuser de ma naïveté, de ma nature confiante, de mon casier judiciaire vierge, et de mon inexpérience de la vie, pour m’utiliser à leurs propres fins. Je me suis parfois retrouvé dans des situations périlleuses, dont les seules chances de survie dépendaient simplement de la manière dont j’utilisais mon intuition. De nombreuses circonstances induites par ceux de mon quartier que je côtoyais au quotidien, m’ont entrainé dans un style de vie dangereux. Et j’ai fini par comprendre les règles qui régissaient les rues. La vie des rues est devenue pour moi aussi addictive que la consommation de drogues illégales. Je vivais dans déni complet. Je ne voyais pas combien j’étais devenu dépendant à cette vie des rues, à l’alcool, au sexe. Je ne mesurais pas les conséquences de cette situation, je pensais que je m’en sortirai toujours, et que je ne serais jamais attrapé. C’était une présomption totalement erronée, bien entendu, car ma chance a fini par tourner, et j’ai fini par me retrouver en prison pendant deux ans et demi. Ma manière de penser était devenue biaisée par les principes que l’on m’ avait enseigné dans les rues. Je n’étais pas coupable de toutes les charges qui pesaient sur moi, mais j’ai tout de même plaidé coupable, car je voulais rester loyal au code des rues: “Ne sois jamais un mouchard”.

La croyance erronée que j’avais que les dealers des rues avaient mon meilleur intérêt à cœur, au moment ou il était important pour moi de penser que je pouvais compter sur eux, est en définitive ce qui a fini par m’enterrer vivant dans cet enfer d’acier et de béton, le couloir de la mort dans lequel je vis maintenant depuis 17 ans.

Toutefois, et comme je l’ai toujours reconnu en plusieurs occasions, je suis responsable d’avoir commis deux délits (Anthony a commis un double braquage à main armées sous l’influence de la drogue/ détails à suivre dans article suivant – NDLR) en 1990. Même s’ils n’étaient pas prémédités, j’en suis responsable et je n’ai dailleurs jamais dénié. Dieu sait combien je suis désolé de les avoir commis et à quel point je regrette qu’ils soient jamais arrivés. Néanmoins, ces deux délits ont été utilisés pour persuader un jury que j’en avais commis un troisième, un meurtre, ce qui est un mensonge, pur et dur. Il ya des faits et des preuves que le jury n’a jamais entendu et qui prouve que je n’aurais jamais pu commettre ce meutre.

Les choses que j’ai admises dans cet article, je n’en suis vraiment pas fier. Elles se sont passées il y a vingt ans. Elles appartiennent a un passé dont j’ai honte, et je suis désolé de mes mauvais choix, et des erreurs que j’ai pu commettre. J’ai appris a trouver refuge dans le fait de savoir que j’ai su tirer les leçons de mon passé, et opéré en moi les changements nécessaires qui m’ont permis de devenir une meilleure personne. J’ai éprouvé le besoin de parler du mauvais coté de mon histoire afin que l’on comprenne mon évolution de mon enfance à mon adolescence, puis à ma vie de jeune adulte pour comprendre enfin l’homme que je suis devenu aujourd’hui.

Je demande humblement de ne rien prendre en dehors du contexte de cette lettre pour me juger, du fait de mes erreurs passées. Mon parcours n’a pas été un parcours inspirant. Et la finalité de celui-ci est aussi imprévisible que le Gouvernement américain.

Néanmoins, il s’agit d’une histoire vraie, composée d’un mélange de satisfactions, mais aussi de déceptions, et de désespoir.

Le fait d’avoir commis des erreurs, aussi graves soient-elles, ne devrait pas donner le libre droit à un procureur de construire un dossier contre moi, au mépris de toute éthique, de me faire condamner dans le contexte d’un procès inéquitable, et ce dans l’objectif de me faire exécuter pour donner une meilleure chance a sa carrière.

Je n’ai aucun problème en soi, d’être puni par la loi pour des actes répréhensibles. Par contre, je pense qu’il est deux fois pire pour une autorité en place, d’abuser de ma situation pour m’accuser d’un meurtre avec lequel je n’ai rien à voir, et pour me faire condamner à mort.
Cette injustice me conduit à me lever chaque matin et à agir de manière à pouvoir prouver mon innocence. Personne ne devrait être au-dessus des lois – pas même les procureurs! Mon combat, est un combat contre l’injustice.

A présent, certaines personnes formeront peut-être une opinion négative de moi, voudront retenir mon passé contre moi. J’ai appris à vivre avec ce genre d’opinion. Mais ce que je demande aux gens est cela: Ne soyez pas aveugle, s’il vous plaît, devant l’injustice. Ce qui m’est arrivé, pourrait très bien arriver un jour à une personne que vous aimez. Sans votre soutien, les chances de faire valoir la justice sont très minces. Alors, si votre Cœur vous dit de le faire, s’il vous plait, rejoignez notre association afin de m’aider.

Je souhaite le meilleur à chacun,

Avec tout mon respect,

Anthony Mungin

02/2010

Chers amis et supporters,

Salutations! En dépit des épreuves auxquelles nous faisons face chaque jour de nos vies, puissions-nous garder l’espoir de parvenir à nos buts individuels et collectifs en cette année 2010. Je souhaite remercier l’Itinérant et ses lecteurs dont j’ai pu constater l’esprit ouvert et attentif, depuis que mon combat pour la justice leur a été présenté. Les cartes et les lettres encourageantes que l’association et moi avons reçues, nous a motivé et fait entrevoir une lumière d’espoir. J’ai vraiment de la chance ! Et devoir vous remercier par lettre, ne me permet pas de montrer mon appréciation autant que je le souhaiterais. Mais, s’ils vous plait, croyez-moi lorsque je vous dis MERCI, cela vient vraiment du fond du cœur !

On m’a dit récemment que les lecteurs aimeraient sans doute un peu mieux me connaître en tant que personne, et cela me semble bien légitime. Quiconque souhaite me comprendre en tant qu’être humain, et en tant qu’homme, aura sans doute besoin de connaître un peu mes fondations – comment j’ai été éduqué au premier stage de ma vie et comment ma mentalité s’est développée.

Je suis né dans l’état du New Jersey. J’avais deux frères ainés, et un cadet. Je n’ai jamais connu mon père. Lorsque j’ai eu cinq ans, ma mère m’a envoyé dans l’Etat de Géorgie, dans une petite ville de campagne, pour que j’y sois élevé entièrement par mes grands-parents. Nous étions très pauvres. On habitait dans une petite maison en bois, que mon grand-père avait construite lui-même lorsqu’il était jeune. Nous n’avions pas de salle de bain, ni le téléphone, pas plus que nous n’avions l’eau chaude ou le chauffage. On vivait à l’ancienne, et on se débrouillait pour cultiver trois larges champs qui entouraient la maison, afin de pouvoir nous nourrir.

Mon grand-père m’a servi d’exemple, il m’a donné ses valeurs, a su m’apprendre l’intégrité d’un jour de travail dur. Bien qu’étant très proche de mes deux grands parents, j’avais un lien particulièrement serré avec ma grand-mère. Mon grand père m’enseignait à travailler dur, ma grand-mère m’a donné ses valeurs morales et instillé la foi en moi. Elle m’a encouragé à faire de mon mieux à l’école. Elle m’a appris à dire merci et à prier avant les repas. Elle m’a appris à tenir rigoureusement une maison, comme une femme. Ils montraient toujours la même gentillesse, sans prêter attention à la race, l’âge, la mentalité ou le niveau social des gens qui croisaient leur chemin. J’ai appris à faire de cette mentalité lq mienne.

Comme mes grands-parents ne se plaignaient jamais de ce qu’ils n’avaient pas, et que ma grand-mère chantait toujours des chansons spirituelles, que mon grand père me racontait des blagues vraiment drôles, je n’ai jamais réalisé que nous étions pauvres durant ces premières années précieuses de ma jeunesse. Mes grands-parents me rendaient heureux. Cet amour entre nous trois nous unissait et me remplissait d’un bonheur que rien n’aurait pu remplacer.
Je ne faisais pas de bêtise, ni ne disait de gros mots, non pas parce que l’on m’aurait puni, mais simplement parce que je n’en avais pas envie.

Malheureusement, les choses se sont peu à peu détériorées. Un de mes oncles et sa femme ont emménagé chez nous, et ont apporté avec eux la discorde. Rien n’a plus été pareil après cela. Je raconte cette expérience dans un livre que je suis en train d’écrire.

J’ai ensuite fait une série de mauvais choix au moment de mon adolescence, et lors de mes vingt ans. J’aimerais pouvoir aujourd’hui revenir en arrière et corriger les mauvaises actions que j’ai pu commettre, et surtout lorsque cela s’est fait au détriment de personnes qui ne le méritaient pas. Je regrette totalement ces mauvaises actions, quelque soient leur importance, et j’éprouve du remords vis a vis de ceux qui ont pu avoir à les subir.

Pendant plusieurs années, les choses positives que mes grands parents m’avaient enseignées ont été affectées par des mauvaises influences extérieures, un sentiment de colère, par un sentiment de perte et celui d’un désespoir total.
D’une manière imprévisible, les changements que j’avais besoin d’opérer en moi pour retrouver les qualités positives que mes grands parents m’avaient inculquées, se sont réalisés lorsque j’ai atteint le point le plus bas dans ma vie : Lorsque je me suis retrouvé seul, dans le couloir de la mort, pour un cime que je n’ai pas commis, et en ayant perdu tout soutien familial. J’ai du passer beaucoup de temps à faire de mon introspection, j’ai du beaucoup prier et chercher à faire progresser mes connaissances et à gagner en sagesse. C’est ici, dans le couloir de la mort, que je suis devenu un homme dont mes grands parents seraient fiers s’ils étaient encore en vie aujourd’hui. Les changements en moi ne se sont pas passés en l’espace d’une nuit, et encore aujourd’hui, je tente de m’améliorer. Mais la chose vraiment incroyable, c’est que lorsque j’ai opéré ces changements positifs, des personnes attentives, qui avaient un bon cœur, se sont mises à émerger dans ma vie.

Je vous le dis en toute honnêteté : Anthony n’est pas parfait, mais j’ai un bon cœur. Je n’ai pas de diplôme, mais je suis intelligent. Je ne suis pas le saint des saints, mais je prie chaque jour. Je ne suis pas un athlète professionnel, mais je fais attention à mon corps en faisant de l’exercice régulièrement. Du fait des circonstances de ma vie, je ne peux rien faire aux tragédies naturelles qui sont survenues à la Nouvelle Orléans, en Italie ou à Haïti, mais je prie pour ces gens, parce que leur sort me touche. Je n’aime pas être moi-même victime de l’injustice, mais je comprends la nécessité des lois et de l’ordre public. Et je crois encore, malgré tout, en la justice.

Avoir passé tout ce temps dans le couloir de la mort pour un crime que je n’ai pas commis, m’apporte de nombreux maux de tête, mais cela n’a pas rendu mon cœur froid ; cela ne m’a pas rempli de haine, d’amertume, ni de pessimisme. Mon esprit et mon cœur ne me laisseront jamais être affecté de la sorte, quoique l’avenir m’apporte. Je suis humble, mais je suis fort, et je me bats. Je pense que je suis compréhensif et je n’aime pas faire de la peine aux gens. J’ai aussi de l’humour, cela fait partie de ma personnalité.
J’ai mes bons et mes mauvais jours, mais je refuse absolument de me laisser aller à la dépression.

Ce qui m’est arrivé est injuste, et je pense vivement que la peine de mort est une erreur. Mais la tristesse ou la colère que j’éprouve parfois, je la ressens également lorsque je regarde les nouvelles et que j’apprends qu’un enfant est mort, qu’une femme a été violée, ou qu’un autre être humain a été tué par le pouvoir d’un système complètement floué.

Voici donc l’Anthony auquel vous apportez votre soutien. Je suis un humain, tout comme vous. Imparfait, mais un humain tout de même.

Je vous demande humblement de continuer d’encourager d’autres personnes à venir nous rejoindre dans cette lutte pour la justice. Et si certains vous demandent : « Mais qui est ce type ? », peut-être pourrez-vous s’il vous plaît leur tendre une copie de cette lettre.

Je vous remercie pour vos prières, votre soutien, et votre empathie. Que Dieu vous bénisse,

Avec beaucoup de respect et d’amour,

Anthony Mungin 288 322

19/02/2010

Anthony Mungin est incarcéré dans le couloir de la mort depuis 1993. Il a toujours clamé son innocence. Il vous a écrit il y a une quinzaine de jours, et vous a donné quelques précisions sur son enfance, sur sa personne et ses relations avec les autres lorsqu’il était jeune.

Beaucoup de témoins à son procès ont décrit Anthony enfant, comme il s’est décrit lui-même : un enfant calme, qui ne posait pas de problème. Le Sheriff adjoint de Camden County lui même, a témoigné en sa faveur à son procès car ils étaient amis lorsqu’ils étaient enfants : Le Sheriff a déclaré que lorsqu’il le connaissait, Anthony n’était pas violent, et s’entendait bien avec tout le monde. Bien d’autres personnes au procès d’Anthony ont déclaré qu’il était une personne de confiance, un garçon respectueux, travailleur et proche des autres: Il avait beaucoup d’amis.

Anthony pendant tout un temps a été bon élève, un champion de lutte à l’école, et était même parvenu à obtenir une bourse pour l’aider dans ses études.
Comme en a témoigné le psychologue nommé au procès, Anthony menait une vie normale jusqu’à ce que qu’une une série de circonstances et de décisions malheureuses le fassent glisser dans la délinquance et l’entraînent dans l’alcool et la drogue. Celui qui était un enfant calme, doux, et plutôt réservé est devenu, pour un temps, le produit de son environnement.
Au procès, le psychologue, a témoigné qu’Anthony était une personne qui pouvait être réhabilitée. Les facteurs permettant d’arriver à cette conclusion étaient : le fait qu’Anthony avait connu une vie normale, le fait qu’il était intelligent, le fait qu’il ne souffrait d’aucune faiblesse neurologique particulière, et le fait qu’il se comportait bien en prison.

En fait, les amis d’Anthony aujourd’hui se rangeraient facilement à l’avis de ce psychologue : Anthony est aujourd’hui très proche de celui qu’il était lorsqu’il était jeune, c’est à dire avant qu’il ne tombe dans la délinquance. Il est extrêmement travailleur, il se soucie des autres (en outre il travaille avec une institution spécialisée pour aider à remettre des adolescents en déroute dans le droit chemin, par le biais de ses poèmes et des chansons qu’il a écrites, ainsi que par le biais de ses lettres).

Pourtant, pour le Procureur de la Partie Civile, Anthony n’était rien d’autre qu’un « chien » de la pire espèce. Dans son réquisitoire au procès, le procureur parlera d’Anthony en ces mots :

« De la même manière qu’une mère ou un père rapporte un chien à la maison pour leur enfant – ce chien sera peut être un pit bull. A son stade de chiot, c’est un chien merveilleux. Il joue avec les enfants. Tout le monde l’adore. Plus tard, lorsque le chiot atteint l’âge adulte, il devient vicieux et il commence à mordre le gens, et il commence à mordre les autres chiens et à les tuer, il commence à mordre les autres enfants et il mord encore d’autres chiens et d’autres chiens encore. Il tue même les chiens. Ce chien n’était d’autre que ce chien merveilleux dont personne n’aurait imaginé qu’il deviendrait un jour ce qu’il est devenu ».

Quiconque connaît Anthony sait bien que cette déclaration, destinée à enflammer le jury n’est en aucun cas assimilable à la réalité de sa personne. Non, Anthony n’est pas un chien, qu’il faudrait en quelque sorte, abattre !

D’autres informations et les différentes étapes du dossier seront couvertes dans les prochains numéros. Vous pouvez aussi nous retrouver sur http://www.save-anthony.com. Pour tout renseignement ou pour devenir membre : contact@save-anthony.com.
Anthony Mungin 288 322, Union Correctional Institution P5228S, 7819 NW 228th street, 32026-4450


20/01/2010

Chers lecteurs,

L’Itinérant a récemment commencé à publier les lettres d’Anthony, qui a été très touché d’apprendre que le journal et ses lecteurs avaient décidé de lui apporter leur soutien.

La cause des condamnés à mort est une cause impopulaire, personne n’imagine vraiment le nombre de petits efforts infinis qu’il faut pour donner une chance a ceux qui, victimes d’injustice comme Anthony, tentent depuis des années, de prouver leur innocence. Cependant, j’ai personnellement été très touchée de voir avec l’expérience, comment certaines personnes se mobilisent et sont sensibles à l’histoire d’Anthony. Ce sont souvent des personnes qui ont été touchées elles même par l’injustice, qu’elle soit de nature légale, sociale, ou simplement l’injustice de la vie qui frappe parfois certains.

Plusieurs personnes nous ont demandé des informations sur notre association et sur la manière dont elles pouvaient aider Anthony. Je les en remercie, et je profite de l’opportunité qui m’est ici donnée pour donner quelques précisions.

Notre association a été créée en 2006. Composée d ‘une dizaine de personnes au départ, elle compte environ 70 membres aujourd’hui.
Elle a pour objet d’aider Anthony par toutes les formes d’aides jugées opportunes pour sa défense : financières, culturelles, publicitaires. Nous tentons ainsi de sensibiliser le plus grand nombre a l’histoire d’Anthony afin de réunir les fonds nécessaires pour financer son avocat et son investigateur privés : des sommes qui se chiffrent à plusieurs milliers de dollars.

La manière dont nous agissons ?
Nous tentons de faire connaître l’histoire d’Anthony et Anthony lui-même dans les media, principalement en France. Nous publions des articles sur internet ou dans la presse quand nous en avons l’opportunité. Ceux des membres qui le souhaitent peuvent déposent des dépliants d’information près de chez eux, dans des lieux publics, donnent une carte postale a un ami, ou communiquent un dossier de présentation a une relation, etc. C’est ainsi que Renaud a par exemple accepte de faire un concert au profit d’Anthony il y a trois ans, ce dont nous lui avons été infiniment reconnaissant. Certains organisent parfois des évènements pour lever des fonds : un vide grenier, un petit concert, ou encore une soirée d’information dans une université, ou un cercle religieux, etc.

Nous serons très reconnaissants a toux ceux qui sont sensibles à l’histoire d’Anthony, de venir nous rejoindre, de nous faire un don, ou de nous aider comme ils le peuvent, selon leurs moyens et leurs disponibilité. N’hésitez pas à nous contacter !

L’affaire d’Anthony sera publiée dans l’un des prochains numéros.

En vous remerciant tous et chacun pour votre enthousiasme et votre soutien,

Bien à vous,

Emmanuelle Purdon
Présidente Save Anthony

Lettre de remerciement d’Anthony Mungin (25/12/09)

Les festivités de Noël seront déjà enterrées au fond de notre mémoire lorsque vous recevrez cette lettre de sincère gratitude. J’espère de tout cœur que cette période de vacances et de repos a apporté, à chacun de vous, toutes sortes de bénédictions, qui sont allées au-delà de vos plus profonds désirs. Je prie également pour que la bonté à l’intérieur de chacun de nos cœurs, nous inspire et nous pousse à transmettre ces bénédictions aux autres tout au long de l’année.

Avant de continuer, je voudrais simplement reconnaitre la bonté de Dieu, qui a une manière incroyable de nous rassurer sur le fait que nous ne sommes pas seuls, en dépit de toutes les circonstances malheureuses ou les situations précaires dans lesquelles nous pouvons nous trouver. En ce qui me concerne, j’ai pu constater cette grâce incroyable une semaine avant Noël. Je n’aurais jamais réellement pu rêver d’un meilleur cadeau de Noël que celui que les lecteurs du magazine l’Itinérant m’ont offert avec leurs votes positifs. La Présidente de l’Association Save Anthony m’a joyeusement informé de cette nouvelle. J’aimerais que ceux qui lisent cette lettre puissent sentir ma joie, mon appréciation et qu’ils aient pu voir le sourire d’extase qui est apparu sur mon visage lorsque j’ai lu la nouvelle. J’ai été vraiment étonné par la compassion, la courtoisie, la générosité de tous ceux qui ont voté, ainsi que par leur bonne volonté instinctive.
Je souhaite donc dire à Marie et à Rodophe Clauteaux, ainsi qu’à l’équipe du journal, que je leur envoie ces mots sincères : MERCI BEAUCOUP BEAUCOUP ! Que ces mots voyagent des fenêtres de votre âme jusqu’au plus profond de votre cœur !
Je vous remercie, tout d’abord, pour cette opportunité, que vous avez donnée avec impartialité, aux lecteurs de l’Itinérant, d’être entendus. Je vous remercie ensuite de me donner l’opportunité de faire entendre ma voix, ainsi que celle de l’association Save Anthony (www.save-anthony.com), dans votre journal.

La plupart d’entre vous ne me connaissent pas encore, et ont tout de même décidé de voter en ma faveur, en étant à peine informé de mon histoire. Toutefois, des gens du monde entier ont un dénominateur commun : Celui de s’opposer à l’injustice, surtout lorsque la vie d’un autre être humain est en jeu. Je crois que cette alliance humaine représente notre VOLONTE de réagir contre les erreurs de justice, quelque soit la personne.

J’espère que les prochains mois vous donneront l’opportunité d’apprendre à mieux me connaître, à travers les lettres qui seront publiées. Et j’aimerais penser que ceux qui ont voté « non » seront tentés de reconsidérer leur position dans un proche avenir (je dis cela avec le plus grand respect). A ceux qui ont voté en ma faveur, j’aimerais dire merci de tout mon cœur et de toute mon âme.

De manière tout à fait compréhensible, beaucoup d’entre vous sont sans doute dans le deuil de Michael Toney, disparu de manière tragique. Peut-être certains ont-ils pensé que leur soutien a été vain, mais je vous le dis avec tout mon respect : Je ne suis pas d’accord. Je ne connaissais pas Michael. Mais, ce dont je suis convaincu, c’est que d’avoir soutenu un homme innocent valait vraiment la peine ! Beaucoup connaissent les problèmes liés à la peine capitale, ou dans une certaine mesure, ce qu’est la vie dans le couloir de la mort. Mais il est véritablement impossible pour quiconque appartenant au monde libre, et qui n’a jamais traversé cette épreuve, cette menace pesant sur votre vie, de pouvoir comprendre réellement l’agonie mentale d’une personne innocente, et ce qu’elle doit supporter heure après heure, semaine après semaine, mois après mois, et année après année dans le couloir de la mort. Une amie m’a dit un jour : «Je ne peux pas commencer à imaginer la condition d’un condamné à mort – en sachant que je ne suis pas coupable ». Mon amie a raison. Ce que j’ai du supporter jusqu’à présent est inimaginable. Et ce que Michael a du supporter est inimaginable. La plupart des hommes qui ont vécu dans le couloir de la mort pendant plusieurs années, abandonneraient volontiers leur vie entière pour UN SEUL JOUR DE LIBERTE ! Tout simplement parce que lorsque vous avez vécu un enfer humain pendant des années ou des décennies, la notion de liberté devient un paradis éblouissant. Et les amis de Michael ont permis de lui donner un peu de temps dans ce paradis. Ses amis et supporters n’ont pas laissé l’étau de la peine capitale se refermer sur lui. Ils n’ont pas laissé un innocent se faire exécuter. Vous avez empêché Michael de devenir victime d’une injustice qui rend malade ! Votre soutien n’a pas été vain. Il a été victorieux ! Et il a été honorable !
Je crois du fond du cœur que tout ceux qui se révoltent contre l’injustice sont des soldats pour la justice. Et je suis le témoin vivant que des concours de malchance arrivent, et conduisent à poser des questions auxquelles seul Dieu puisse répondre. J’ai expérimenté cela moi-même, en Décembre 2006, lorsque ma grand mère que j’adorais et mon fils adolescent, sont morts tous les deux, à quelques heures d’intervalle.
Mais je sais qu’ils auraient souhaité tout deux que je continue mon combat pour ce qui est juste ! Et je crois que Michael Toney, aurait sans doute aimé qu’il en soit de même avec tous ceux qui le soutenaient.
Un philanthrope connu a dit un jour : « Si l’on ne se bat pas pour quelque chose, on est voué à tomber pour rien du tout ».

Une fois encore, je remercie de tout cœur chacun d’entre vous pour leur soutien dans cette lutte pour la justice. Et avec la plus grande humilité, j’aimerais demander à tous ceux qui le peuvent, de rejoindre l’Association française Save Anthony* afin de m’aider car je suis vraiment innocent.

Je vous souhaite à tous une année de paix, joyeuse et prospère.

Avec tout mon respect et mon amour,

Anthony Mungin

Le cri d’Anthony Mungin pour obtenir justice.
Bonjour à tous,

Mon nom est Anthony Mungin, je suis noir, américain, j’ai 42 ans et j’ai été condamné à mort en Floride (USA) le 23 Février 1993, pour un meurtre que je n’ai pas commis.
Étant donné les circonstances, et les occasions extrêmement rares que j’aie de pouvoir m’exprimer, j’exprime par avance mon humble et sincère gratitude à toux ceux qui prendront le temps de bien vouloir m’écouter. Merci beaucoup.
Le monde, comme les individus que nous sommes, se forme selon un certain nombre de croyances, de pensées et d’actions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Nous avons tous des opinions personnelles sur la politique, la religion et la justice. N’importe qui peut adopter ou rejeter une opinion, qu’elle soit intelligente ou stupide, séduisante ou contentieuse. Une opinion n’a pas de valeur jusqu’à ce qu’elle soit prouvée juste ou qu’elle soit expliquée.
Je suis personnellement un être humain imparfait qui, au cours de ma vie, a pris de mauvaises décisions, et me suis associé à de mauvaises personnes. Je n’essaierais jamais de me dépeindre comme un ange. Dans mon passé, quand j’étais jeune, j’ai été impliqué dans des activités criminelles dont j’ai honte, que je regrette totalement, et à l’égard desquelles j’éprouve du remords. J’ai eu tort et je n’ai jamais dénié, ni tenté d’éviter les conséquences de mes actions. Cette partie éphémère de mon histoire est tout à fait acceptable pour la Société. Mais lorsque je crie au plus profond de mon coeur que j’ai été condamné à mort pour un meurtre que je n’ai pas commis, la plupart des gens ont tune tendance naturelle à ne pas me croire, à montrer une Oreille sourde, ou à se montrer aveugles à l’injustice. Sans doute parce que le système judiciaire américain a implanté, à travers une utilisation biaisée des media, une certaine image de la vérité dans le coeur et l’esprit de beaucoup de gens. Pourtant, ce système judiciaire s’est montré imparfait du fait de ses officiers de police souvent corrompus, du manqué d’éthique dans la conduite de certains procureurs, de juges racistes, de détectives malhonnêtes et d’avocats commis d’office incompétents. Tout ceux-là font partie pourtant d’un système qui s’obstine à utiliser et maintenir la peine capitale.
Depuis 1993, j’ai combattu avec beaucoup de zèle pour rester en vie assez longtemps afin de pouvoir prouver mon innocence. Mon parcours a été un mélange,   d’effroyables maux de tête, de  bénédictions miséricordieuses, de déceptions et d’accomplissements sporadiques. Un mauvais voyage que j’ai dû endurer sans aucun soutien de mon père, de ma mère, ou de ma famille.
Mes cris pour obtenir justice ont été ignorés jusqu’à ce que je commence à prouver ce que je disais, en fournissant la preuve que mon avocat à mon procès m’avait menti, m’avait caché d’importants documents et éléments de preuves. Des preuves montrant que le seul témoin à charge dans mon affaire avait menti sur son passé criminel, changé de version et d’avis sur mon identification deux ans et demi après le meurtre commis. Il a omis de m’informé que ce témoin à charge était un drogué, un alcoolique, qu’il était sujet à une procédure de justice, et qu’il était en fait représenté par le même bureau d’avocats commis d’office que moi (au moment du procès).
Rien de tout ceci ne fut dit au jury qui m’a condamné. Personne n’a investigué mon cas avant mon procès et personne n’a parlé aux témoins qui devaient pouvoir me fournir un alibi, que ce soit avant ou pendant le procès.
Cependant, récemment, j’ai réussi à mettre en évidence de nouvelles preuves. Le seul vrai témoin de mon affaire a été trouvé. Ce témoin, sans passé criminel et citoyen respectable, a donné un affidavit qui détruit tout le témoignage du témoin à charge  présenté au procès, et réfute le rapport de police.
Je ne « suggère » pas que je suis innocent : JE SUIS INNOCENT !
Mes plus grands obstacles ont été d’éviter des avocats incompétents, qui acceptent avec avidité des cas de peine capitale pour l’argent qui leur sera payé. Ils se fichent totalement de savoir si je vis ou si je suis exécuté. J’ai dû beaucoup prier et travailler dur, nuit et jour, pour trouver les moyens d’engager un avocat compétent que je pouvais me permettre, et un détective privé. J’ai des documents légaux pour prouver tout ce que je dis. Je ne dis rien que je ne puisse prouver. J’ai aujourd’hui besoin de l’aide matérielle de ceux qui voudront bien se soucier de mon cas et me donner une opportunité de prouver la vérité.
J’ai les ressources intérieures pour pouvoir faire face aux circonstances les plus désespérées sans perdre de vue mon objectif. Je ne suis pas découragé par les défaites, au contraire, j’y puise davantage de forces.
J’ai vu des condamnés à mort abandonner leur vie avec un soupir de résignation. D’autres combattent un petit peu et puis perdent espoir. D’autres enfin, dont je fais partie, n’abandonnent jamais. Je me bats et me bats et me bats! Je me bats, qu’importe le coût de la bataille, les pertes que je subis, l’improbabilité du succès. Je ne pense pas que cela soit une question de courage. Chez moi, c’est quelque chose de constitutionnel: une impossibilité de laisser partir la vie à laquelle j’ai droit.

Respectueusement

Anthony Mungin

2 Réponses to “Lettres au Public”

  1. valerianne said

    bonjour
    je m’appelle valerianne,j’ecris a anthony depuis plus de 2 ans maintenant,j’aimerais pouvoir faire plus,car il m’a apporté enormement dans ma vie,il fait desormais partit de ma vie…

  2. Sonia said

    Bonjour à tous!
    Je suis Sonia, vice Présidente de l’asssociation Save Anthony et amie d’Anthony depuis 2000. Je lui ai rendu visite en 2005. Anthony est comme un grand frère pour moi, il est mon confident, il est protecteur, il me conseille, me guide, c’est mon soldat…Il m’a rendu plus positive (c’est sur que quand on pense à sa situation on relativise sur pas mal de choses!), avec lui j’ai tellement appris, je sais que je peux toujours compter sur lui…je rêve du jour où je pourrais le voir libre, pour que ce rêve devienne réalité nous devons tous nous unir autour de lui et l’aider à rendre cela possible!
    Sa vie est entre nos mains. Chaque petite action compte. Ensemble sauvons Anthony!

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